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| La beauté magique
Harmonie, symétrie, éclat, charme... caractérisent le beau sans détenir ses secrets.
La beauté est magique et le restera.
Pour qu'elle nous émeuve, il manquera toujours à toutes les définitions une notion insaisissable et unique pour chacun.
Et pourtant, chose troublante, il semble que nous sommes tous et toutes sensibles à des constantes... parfois même chiffrées !
Comme si les critères de la beauté irrésistible existaient et traversaient intacts, les âges, les cultures et les civilisations.
Le premier à s'être passionné pour le sujet est le moine Luca Pacioli dans son ouvrage «De divina proportione» illustré par Leonardo da Vinci et paru en 1509.
A son tour, Dürer, lorsqu'il dessine Adam, retrouve ces mêmes proportions «divines».
Ce n'est qu'en 1932 que le terme «nombre d'or» est utilisé pour la première fois par un diplomate et ingénieur roumain, Matila Ghyka.
Ces critères sont des aides mathématiques utiles à l'art.
Serge Poliakoff l'avait compris, lui qui a fait du nombre d'or la clef de ses compositions picturales.
Ils sont également valables en esthétique tout autant pour le visage que pour le corps.
Plus curieux encore, le résultat de la vaste enquête réalisée par des chercheurs britanniques.
Ils ont demandé à des Anglaises, des Chinoises et des Indiennes de sélectionner des photos d'hommes méditerranéens.
Surprise, toutes ont élu les mêmes.
Ainsi des études sur ordinateur, à partir de photos retouchées et présentées à un jury féminin ont permis de définir cet homme irrésistible : il a une mâchoire et un menton puissants, des sourcils marqués, le torse musclé, les poignets symétriques et la taille 10% plus fine que les hanches.
On peut ajouter quelques critères qui ont fait leurs preuves : voix chaude, grave et veloutée.
Mains solides, fines et sensibles.
Oui, les femmes adorent les mains des hommes.
C'est le premier détail qu'elles remarquent chez quelqu'un qui les attire.
Des mains qui les font fantasmer avant même qu'elles ne les touchent.
Elles y voient le côté viril, tendre ou fuyant.
Quant au jury masculin il a craqué unanimement pour les femmes aux grands yeux, petit nez, lèvres charnues, machoires et mentons délicats, seins fermes et symétriques, taille 30% plus fine que les hanches et surtout, surtout une peau lisse et sans défaut.
Les bébés, eux aussi, ont préféré les photos sélectionnées par les adultes.
Alors qu'ils ne peuvent être influencés par des critères de mode, leurs regards se sont attardés longuement sur celles qui réunissaient les mêmes constantes.
Une autre expérience réalisée à maintes reprises donne à chaque fois le même résultat : lorsque l'on présente à des hommes d'âges, de cultures et de milieux socioprofessionnels différents deux photos d'une même femme, l'une non retouchée, l'autre avec les pupilles dilatées, tous sont attirés sans pouvoir l'expliquer par la deuxième qu'ils pensent plus séduisante.
Il est intéressant de remarquer que les pupilles des regards masculins se dilatent lorsqu'ils contemplent l'image d'une femme nue.
Ce phénomène de dilatation serait donc en corrélation avec le désir.
Ainsi on trouve l'autre plus beau lorsque ses yeux expriment le désir.
Dans le monde animal, la beauté est un gage de qualité biologique.
Les mouches scorpions craquent, par exemple, pour les mâles aux ailes les mieux proportionnées.
La science a confirmé ce choix en prouvant que ceux qui étaient les plus symétriques étaient les combattants les plus efficaces.
Après s'être passionné pour l'étude de la symétrie les mouches, l'ethnologue Randy Thornhill s'est intéressé à celles des humains.
Résultat : les corps symétriques appartiennent à des personnes en bonne santé alors que les autres souffrent d'insomnies, de colère, de repli de soi...
Arbres, coquillages, cristaux, corps de vertébrés, humains, oeuvres d'arts... il y a donc une constante mathématique qui interprète le beau universel, suprême, absolu, dans les êtres et les choses.
Des proportions divines qui stimulent irrésistiblement notre inconscient.
Cette constante est une sorte d'alchimie entre le fond et la forme.
Des critères invariables comme le chiffre d'or donnent une cohésion à la beauté mais ce sont les éléments variables qu'il y a autour qui font l'être unique... rendent la beauté multiple.
La Joconde est loin de ressembler à Cindy Crawford et pourtant, toutes les deux sont belles.
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